Nuages

Nuages

10/12/2013

J’irai jusqu’où s’efface la ligne d’horizon
Sans même laisser de traces, qu’importe la raison
Le voyage est un mythe, une divination
Qu’importe le périple ou la destination.

J’erre jusqu’où tarissent les sources de la vie
Aux aurores qui palissent je boirai mes envies
Et l’âme insatiable, je nourrirai mes songes
Aux vérités palpables, je dédie ce mensonge :

Il n’est de triste sort que celui qu’on honnit
Qui jaillit de l’essor de la monotonie
L’ivresse du voyage comme seul intermède
Et tous ces paysages qui sont mon seul remède.

Pas à pas je rejoins les plaines sablonneuses
Et dans le ciel immense, je vois les nébuleuses
Je suis un pauvre hère, une solution instable
Je suis sur cette terre rien qu’un grain de sable.

Aussi je vole au vent et tombe sur vos toits
Une brise se lève, je suis bien loin déjà
Et par-dessus les cieux chaque heure, chaque seconde
Je prends de la hauteur sur tout ce vaste monde.

Là-haut, la brume épaisse annihile mes sens
Les nuages m’enserrent dans une de leurs danses
Résigné, je m’arrête et guette le trépas
L’apothéose, le Graal qui pourtant ne vient pas.

Soudain, j’entends le cri d’une voix pénétrante
Après tous ces méandres, après toute cette attente
Je me retrouve enfin, pieds et poings liés
Et j’y attends la fin, le jugement dernier.

Celui-ci ne vient pas, la voix résonne encore
A chacun de mes pas, elle se fait plus sonore
Elle m’ordonne le départ, mêle parole et geste
Je redescends alors sans demander mon reste.

Ma chute semble être longue et le mal me prend
Et quand enfin je tombe, c’est à mes dépens
Qui pour me retenir, sinon la fin du rêve
Le jour va retentir quand mon sommeil s’achève.
 
Et le matin me cueille, ce n’était qu’un cauchemar
Une mauvaise image qui me venait du soir
Alors pour y trouver un sens au matin
Je prépare mon voyage pour le lendemain.

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