Formica & Coccidula

Formica & Coccidula

01/05/2017

D'une goutte qui suinte sur la feuille qui ploie 
La route qu'elle emprunte s'en trouve bien embûchée
Sans doute de son empreinte elle retourne sur ses pas
Et contourne l'obstacle sans même sourciller.

Elle dépasse les tiges des fleurs aux beaux pétales
Et comme un homme-lige qui la prête au printemps
Lorsque le temps se fige, au plus vite, elle détale
et prétend au prodige qu'elle sera là longtemps.

Une course effrénée la mène jusqu'aux confins
Elle cherche comme un damné la moindre proie facile
Gracile ou décharnée, pour étancher sa faim
Lorsqu'une coccinelle la nargue, indocile

"Je fais dix fois ton poids et je n'ai peur de rien
Pas même de mille toi, si vous sortiez du nid
Viens t'en, attaque-moi et sens ton heure qui vient
Cueillir bien malgré toi toute ta colonie"

Et elle de répondre sans aucune ironie
Qu'elle ne veut même pas fondre sur cette proie rieuse
Sous couvert de répandre sur toute sa colonie
L'opprobre de se voir fondre sur si peu bagarreuse

La coccinelle piquée par tant de calomnies
S'échappe, critiquée et dans son arrogance
s'envole en piqué si bien qu'elle en oublie
Sans même se l'expliquer toute sa propre pitance

La fourmi s'en approche non sans un soulagement
Et sa tête s'abroge un sourire de victoire
Le repas qu'elle empoche devient finalement
butin sans anicroche et cantine méritoire.

Les plus beaux des combats sont ceux qu'on ne fait pas
Pour lesquels on se bat sans même un coup férir
Les mots, chaque parole sont autant de débats
Qui arrachent des victoires par les pleurs ou le rire.

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